
Votre contrat gaz arrive à échéance dans quelques mois. Vous recevez des propositions de fournisseurs, des appels de commerciaux, des comparateurs vous promettent « le meilleur tarif ». Soyons honnêtes : la plupart des dirigeants signent sans vraiment comprendre ce qu’ils achètent. Fixe, indexé, indice PEG ou TTF — le jargon décourage. Cette confusion a un coût. Dans mon accompagnement de PME, j’ai vu des factures tripler pendant la crise de 2022. Pas parce que les entreprises avaient fait un mauvais choix, mais parce qu’elles n’avaient fait aucun choix éclairé.
L’essentiel pour choisir votre contrat gaz en 3 points
- Prix fixe si vous voulez de la visibilité budgétaire sans suivre le marché au quotidien
- Vérifiez l’indice de référence, la durée d’engagement et les frais de résiliation avant de signer
- Un courtier peut négocier pour vous — gratuit si rémunéré par le fournisseur
Pourquoi le choix de votre contrat gaz peut plomber (ou sauver) votre budget
Au premier semestre 2025, selon l’étude SDES du Ministère de la Transition écologique, les entreprises paient en moyenne 68 €/MWh pour le gaz naturel. Mais cette moyenne cache un écart considérable : les petites consommatrices paient jusqu’à 86 €/MWh, tandis que les grands comptes s’en tirent à 43 €/MWh. L’écart atteint 59 €/MWh — autrement dit, le double.
Ce que ces chiffres ne disent pas, c’est comment vous vous situez. Votre facture dépend de votre Consommation Annuelle de Référence (la fameuse CAR), calculée par GRDF. Elle dépend aussi du type de contrat signé, de l’indice choisi, et des conditions négociées. J’ai accompagné des PME industrielles qui payaient plus cher que leurs concurrents simplement parce qu’elles avaient reconduit tacitement un contrat indexé sur un indice opaque.
Franchement, la facture énergie n’est pas un poste que vous pouvez ignorer. Dans l’industrie, elle représente souvent 15 à 25 % des charges. Dans une boulangerie industrielle ou un atelier de métallurgie, ça peut monter à un tiers. Un mauvais contrat, c’est de la marge qui s’évapore chaque mois.
Prix fixe ou indexé : le vrai match pour votre entreprise
C’est LA question que tout le monde me pose. Et ma réponse est toujours la même : ça dépend de votre profil. Pas de votre consommation, pas de votre secteur — de votre tolérance au risque et de votre capacité à suivre le marché. Les fournisseurs proposent aujourd’hui un large éventail d’offres gaz professionnels qui méritent une analyse approfondie avant de s’engager.
L’offre à prix fixe : la sérénité a un coût
Le principe est simple : vous verrouillez un prix au kWh pour 12, 24 ou 36 mois. Quoi qu’il arrive sur les marchés, votre tarif ne bouge pas. La prime de risque est intégrée dès le départ — comptez 5 à 15 % de plus qu’une offre indexée au moment de la signature.
Ce que j’observe sur le terrain : les DAF qui gèrent des budgets serrés adorent le fixe. Ils peuvent planifier, provisionner, dormir tranquilles. Mais attention au calendrier. Si vous signez en pleine flambée des cours (comme beaucoup l’ont fait fin 2022), vous verrouillez un prix élevé pour plusieurs années.
L’offre indexée : jouer la volatilité du marché
Ici, votre prix suit un indice de référence — PEG (Point d’Échange de Gaz) en France, TTF (Title Transfer Facility) aux Pays-Bas, ou parfois un indice propriétaire créé par le fournisseur. Quand les cours baissent, vous en profitez. Quand ils flambent, votre facture suit.
L’erreur que je rencontre le plus souvent : des PME qui signent une offre indexée sans savoir sur quel indice. Les indices propriétaires sont souvent moins transparents. Vous ne pouvez pas vérifier leur évolution sur une source publique. Pendant la crise de 2022, certaines entreprises ont vu leurs factures tripler parce qu’elles ne comprenaient pas le mécanisme d’indexation de leur contrat.

Prix fixe ou indexé : quel profil êtes-vous ?
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Budget prévisibilité prioritaire + pas de ressources pour suivre le marché :
Optez pour une offre fixe 2-3 ans. Vous paierez une prime, mais vous savez exactement ce que vous payez.
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Tolérance au risque + capacité de suivi mensuel :
L’indexé sur indice public (PEG, TTF) peut être rentable. Mais suivez les cours chaque mois.
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Gros consommateur avec expertise interne :
Envisagez un contrat mixte : part fixe pour sécuriser, part indexée pour profiter des baisses.
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Première souscription ou incertitude :
Fixe 12 mois pour apprendre, puis réévaluez à l’échéance avec plus de recul.
Je me souviens d’un cas traité en 2023. Gérard, gérant d’une boulangerie industrielle près de Lyon, consommait énormément de gaz pour ses fours. Son contrat indexé arrivait à échéance en pleine crise. Il hésitait entre renouveler en indexé (en espérant une baisse) ou basculer en fixe (à un prix alors élevé). On a opté pour un fixe 24 mois. Pas le choix le plus sexy, mais Gérard a pu budgétiser sereinement. Il renégocie cette année dans un contexte plus calme.
| Critère | Offre prix fixe | Offre prix indexé |
|---|---|---|
| Prévisibilité budget | Totale sur la durée | Variable selon marchés |
| Prix initial | Plus élevé (prime risque) | Souvent plus bas au départ |
| Risque de hausse | Aucun | Élevé si marché volatile |
| Profil adapté | PME sans ressource suivi | Entreprise expérimentée |
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif. Les prix et conditions mentionnés évoluent régulièrement. Demandez des devis actualisés avant toute décision.
Les 5 critères que les fournisseurs espèrent que vous ignorerez
Le prix au kWh, tout le monde le regarde. C’est l’arbre qui cache la forêt. Les fournisseurs le savent et jouent là-dessus. Voici ce qu’il faut vraiment vérifier — et que peu de comparateurs mettent en avant.
- L’indice de référence : Sur une offre indexée, exigez un indice public (PEG, TTF). Si le fournisseur utilise un indice « maison », demandez où vous pouvez suivre son évolution. S’il ne peut pas répondre clairement, passez votre chemin.
- La durée d’engagement réelle : La plupart des contrats pro incluent une période minimale de 12 à 36 mois. Vérifiez les frais de résiliation anticipée — ils peuvent atteindre plusieurs mois d’abonnement.
- La clause de révision tarifaire : Certains contrats « fixes » incluent une clause permettant au fournisseur de réviser le prix en cas d’évolution réglementaire. Lisez les petits caractères.
- Les frais d’acheminement : Ils sont facturés par le gestionnaire de réseau (GRDF) mais transitent par votre fournisseur. Vérifiez qu’ils sont bien séparés sur le devis pour comparer ce qui est comparable.
- La qualité du service client : D’après l’indicateur du Médiateur national de l’énergie, seuls 7 fournisseurs obtiennent quatre étoiles vertes pour leur service client en 2025. Quand vous avez un problème de facturation, la réactivité compte autant que le prix.
Le piège des indices propriétaires
Un indice « propriétaire » ou « interne » signifie que le fournisseur calcule lui-même la formule d’indexation. Vous n’avez aucun moyen de vérifier son évolution de façon indépendante. Dans mon accompagnement de PME, c’est l’erreur numéro un que je constate : des dirigeants qui ont signé sans comprendre que leur prix pouvait évoluer selon une formule opaque.
Pour aller plus loin sur la réduction des coûts énergétiques pour entreprises, il existe des leviers complémentaires au choix du contrat : optimisation des équipements, effacement aux heures de pointe, certificats d’économie d’énergie.
Faire appel à un courtier : gadget ou vraie valeur ajoutée ?
La question revient souvent. Payer quelqu’un pour comparer des offres, est-ce vraiment utile ? Ma réponse dépend de votre situation.

Un courtier en énergie interroge plusieurs fournisseurs en votre nom, compare les offres selon vos critères (pas seulement le prix), et négocie les conditions. Certains sont rémunérés par commission du fournisseur retenu — ce qui signifie zéro frais pour vous. D’autres facturent directement l’entreprise cliente. Demandez toujours le modèle économique avant de vous engager.
Les Plus
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Gain de temps considérable (vous ne gérez pas les appels d’offres) -
Accès à des tarifs négociés en volume -
Expertise technique sur les clauses contractuelles
Les Moins
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Pas toujours neutre (rémunération fournisseur) -
Peu utile si votre consommation est faible
Pour une PME industrielle avec une consommation significative, le courtier apporte une vraie valeur. Pour un petit commerce avec une facture modeste, le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle. La frontière ? À partir de 100 000 kWh/an, l’intervention d’un courtier devient généralement rentable.
Si vous envisagez de moderniser vos équipements en parallèle, renseignez-vous sur les aides pour l’installation de chaudière à condensation — une piste complémentaire pour réduire votre consommation à la source.
Vos questions sur les contrats gaz entreprise
Puis-je changer de fournisseur gaz en cours de contrat ?
Oui. Selon la synthèse du Ministère de l’Économie, vous pouvez changer de fournisseur gratuitement et à tout moment — sans période minimale d’engagement légale. Attention cependant : votre contrat peut prévoir des frais de résiliation anticipée. Vérifiez les conditions générales avant de signer.
Qu’est-ce que la CAR et comment la connaître ?
La CAR (Consommation Annuelle de Référence) est calculée par GRDF à partir de vos relevés de compteur, corrigés des variations climatiques. Elle figure sur vos factures ou sur votre espace client GRDF. C’est cette donnée que les fournisseurs utilisent pour établir leurs propositions tarifaires. Si votre activité a évolué (nouveau four, extension d’atelier), signalez-le pour obtenir une estimation plus réaliste.
Combien de temps prend un changement de fournisseur ?
Dans ma pratique, comptez 2 à 4 semaines entre la signature et la mise en service effective. Le nouveau fournisseur se charge des démarches de résiliation auprès de l’ancien — vous n’avez rien à faire de ce côté. Aucune coupure n’est à craindre : le gaz continue d’arriver pendant la transition.
Faut-il passer par un courtier pour une PME ?
Pas systématiquement. Si vous consommez moins de 50 000 kWh/an et que vous avez le temps de comparer vous-même 3-4 offres, vous pouvez vous en passer. Au-delà de 100 000 kWh/an, ou si vous n’avez pas les ressources internes pour analyser les contrats, un courtier devient un gain de temps et souvent d’argent.
Offre duale gaz + électricité : vraie économie ou piège ?
Les offres duales simplifient la gestion (un seul interlocuteur, une seule facture). Mais « simple » ne veut pas dire « moins cher ». Comparez toujours le prix unitaire de chaque énergie séparément. J’ai vu des entreprises perdre de l’argent en regroupant leurs contrats chez un fournisseur compétitif sur le gaz mais cher sur l’électricité.
Votre dossier avant de contacter un fournisseur
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Numéro PCE (14 chiffres, sur vos factures ou espace GRDF) -
CAR ou dernière facture annuelle -
Date d’échéance du contrat actuel -
Conditions de résiliation anticipée en vigueur -
Votre profil de risque : besoin de visibilité ou prêt à suivre le marché ?
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article : ne signez jamais un contrat gaz sans avoir compris sur quel indice repose le prix, quelle est la durée d’engagement réelle, et quels frais s’appliquent en cas de résiliation. Ces trois points déterminent votre exposition au risque pour les 1 à 3 prochaines années.
Dans le contexte actuel, je recommande aux PME sans ressource dédiée de privilégier une offre fixe 12 à 24 mois. Pas parce que c’est toujours moins cher — c’est rarement le cas au départ. Mais parce que la prévisibilité budgétaire a une valeur que beaucoup sous-estiment jusqu’à la prochaine flambée des cours.
Votre contrat arrive à échéance dans moins de 3 mois ? C’est le bon moment pour solliciter 2-3 devis, ou pour contacter un courtier indépendant qui fera le travail à votre place. Ne laissez pas la tacite reconduction décider à votre place.